Solama - Parole de Vie !
Aimer...

Bien longue est ma journée
Éternel est l'Amour
Bien petite est ma chambre
Infini est l'Amour
Solitaire est mon cœur
Mais peuplé par l'Amour
Chanter, je ne peux plus
Aimer, je puis toujours
Agir, je ne peux plus
Aimer, je puis toujours
Penser, je ne peux plus
Aimer, je peux toujours
Prier, je ne peux plus
Aimer, je peux toujours
Pleurer, je ne peux plus
Aimer, je peux toujours

Rien ne me restera
Mais restera l'Amour !

Texte d'une belle intensité, trouvé dans les papiers d'une religieuse de 87 ans atteinte d'un cancer et privée de la parole. Familière de la souffrance et la solitude. Elle livre dans ces lignes ce qui fait le cœur de sa vie de consacrée : l'Amour.


 
L’œuvre qui t'était confiée n'était pas l'autre, c'était toi!


C'était à ton humanité, à ta loyauté que tu étais invité à travailler, pas à celles de l'autre !  
L'espace qui t'était confié était seulement le lieu où tu te tiens debout - le lieu où chaque jour de neuf ta fiabilité est mise à l'épreuve.
Le maître d'école occupé à tarauder ses élèves dehors avait en vérité charge de ceux qui chahutaient en lui !
Le prêtre qui voulait inculquer aux autres la dévotion avait à apprendre à devenir lui-même serviteur de vie !
Le forgeron qui cherchait avec un zèle forcené le fer approprié pour le tordre, le tenailler, le former à sa guise découvre que le morceau de fer à travailler, c'était lui !
Choc !
Terrible choc !
L'efficacité forcenée va devoir changer de cible ! 
C'est au mille de ton propre cœur que l'archer de la métamorphose s'apprête à lâcher sa flèche.
Tu cries.
Tu hurles.
Ne s'agit-il pas d'une terrifiante erreur judiciaire ?
 N'était-ce pourtant pas l'autre qui...
La mue qui t'attend est certainement la plus violente des aventures.
Il faut avoir vu une libellule s'extraire de sa chrysalide.
Il faut l'avoir vue mouillée, engluée, pitoyable, s'arracher à la gaine étroite, en être vomie avec des spasmes d’étranglement. 
Il faut l'avoir vue grelotter longtemps ; naufragée, avant que la voilure détrempée de ses ailes ne sèche, ne déploie peu à peu la délicate merveille, la transparence diaphane de l'envolée promise ! 

Une fois l'enfer de la désillusion traversé, voilà que tu atteins l'autre rive. Brûlé(e).
 Evidé(e). 
Nu(e).
Déjà tu t'étonnes à nouveau d'être vivant(e).
Exposé(e) aux blessures comme aux caresses.
Délivré(e) de la cotte de mailles dans laquelle les dogmes, les représentations, les morales, les obligations t'avaient enferré(e).
Vivant(e).
Dans le royaume où tu es parvenu(e), que reste-t-il encore à craindre, à attendre puisque tout ce que tu rencontres ne vise désormais que ton apprentissage, letien !
Ici ne règne que la plus naïve des tautologies.
Ici on aime pour aimer. 
On sert pour servir. On vit pour être en vie.
Ni plus ni moins.
Plus jamais tu n'auras en celui ou celle que tu aimes de « partenaire ». (Cet emprunt sémantique fait mal aux dents.) 
L'espace dont il est question là n'est pas le monde des affaires. 
Ici il n'y a pas de marché !
 Il n'y a rien à échanger, rien à perdre et rien à gagner.
Un après l'autre s'écartent les rideaux des apparences, les illusions de succès ou d'échec, les sympathies ou les antipathies.
Les obstacles eux-mêmes se transforment en amis et se disposent en une haie d'honneur au milieu de laquelle tu avances en riant vers de mystérieuses noces. 
Tu n'y crois pas ?
 Avance seulement.
L'amour ne connaît qu'un seul but lorsqu'il te rencontre : lui-même. 

Venir au monde encore une fois à travers toi. Se donner à travers toi une chance de plus. 
Tu es convié à aimer et à servir pour que sur terre soient l'amour et le service.
Tu es convié.
Tu n'es pas même obligé.
Un simple service d'honneur.
Voilà tout.
Ni plus mais ni moins.
Assistant de création de site fourni par  Vistaprint